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05/29/2004

100 000 hits

Ce blog vient de dépasser les 100 000 hits depuis sa création (26 janvier). Voici le dernier relevé:
Total number of hits: 105400 - Average per day: 863.93 - Today: 948 - This week: 5118 Total Posts: 64 - Total Comments: 389
Il y a eu quelques pics (bon, la note sur la pseudo-maitresse de Kerry a battu, je crois, tous les records), mais la fréquentation est assez régulière.
Autres statistiques intéressantes:
Depuis la création de ce blog, la cote de popularité du président Bush est passée de 53% à 45%, et la température à Washington s'est nettement amériorée: de -12° à 25°.

Merci à tous ceux qui contribuent à alimenter le blog par leur commentaires souvent très intéressants.
P.R.

mai 29, 2004 | Permalink | Commentaires (11)

05/25/2004

Vieux monsieur en colère

Le professeur Norman Birnbaum (bio ici)est un vieux monsieur très à gauche, que m'avait présenté, il y a deux ans l'économiste James Galbraith. On avait partagé un agréable dîner tous les trois dans un restaurant français de Georgetown. Ancien conseiller de Kennedy, Birnbaum a participé au mouvement de la "New Left", à la fin des années 60. Je l'appelle parfois "le dernier marxiste américain".
Il m'a envoyé cet article dans laquelle il exprime sa colère contre la mollesse de Kerry. Nous l'avons publié ce matin. "Il fait déjà causer", m'assure dans un e-mail Jean-Michel Helvig, le responsable des pages "rebonds" du journal.
Les conseillers de Kerry nepartagent visiblement pas l'analyse de Birnbaum. Ils pensent que le rejet de Bush suffira à "exciter la base". Ils n'ont peut-être pas tort: Kerry vient pour la première fois de lever plus d'argent que Bush, le mois dernier... Les chèques affluent.
Il n'y a eu aucune grosse manif après les sévices d'Abou Ghraib: le premier réflexe des américains n'est pas de manifester avec leurs pieds, mais avec leur portefeuille.
P.R.

mai 25, 2004 | Permalink | Commentaires (18)

05/19/2004

Que la force soit avec toi

Mon voisin David, un homme charmant doublé d'un excellent cuisinier, a repéré que Kerry avait prononcé 37 fois un mot dans un de ses récents discours. Quel est ce mot? "Strength" (Force). Le slogan des spots de Kerry tourne autour de la même idée: "Together, we can build a stronger America". David en déduit que ce thème de la force sera le coeur de la campagne de Kerry.
Le candidat démocrate cherche à tuer l'accusation selon laquelle il serait faible sur les sujets de Défense et de terrorisme. Il prend les devants, cherchant à neutraliser cette idée reçue. Il imite en cela Bush, qui en 2000, s'était autoproclammé "compassionate" afin de gommer son image de gros dur texan. Surtout, Kerry renverse le discours républicain à son avantage. C'est le multilatéralisme qui permet la force, l'unilatéralisme n'étant que le reflet de la faiblesse. Est fort celui qui reconnaît ses erreurs et modifie sa politique , pas celui qui s'entête dans de mauvaix choix au nom de la "détermination...
David donc trouve assez finaude l'approche de Kerry. Je suis un peu sceptique, mais j'ai tendance à l'écouter sur ce genre de sujet. David est un orfèvre de la rhétorique, il était le principal "speechwriter" de Clinton pendant sa formidable campagne de 1992.
P.R.
David Kusnet a rédigé un article sur le sujet pour The New Republic.

mai 19, 2004 | Permalink | Commentaires (8)

05/17/2004

Henri V et George W

Je suis passé aujourd'hui au "Shakespeare Theater" de Washington, qui organisait un débat amusant, tournant autour des pièces henriciennes et sur le thème: "fallait-il envahir la France?". Etaient invitées à donner leur avis, une brochette de personnalités politico-médiatiques: la passionaria Ariana Huffington; l'ami de Rumsfeld, Ken Adelman, resté célèbre pour avoir prédit que la guerre en Irak serait une promenade de santé; quelques journalistes en vue (Chris Matthews, David Brooks, Christopher Hitchens...), etc. Chacun s'est lancé dans les délices des comparaisons entre George le 43eme président américain et le roi Henri V, ex-prince Hal.
Le prince Hal a eu une jeunesse dissolue et alcoolisée. Tout le monde se moquait de lui pour sa faiblesse. Il est arrivé au pouvoir par hasard, et dans des condition controversées. Il a voulu redorer le règne de son père. Il a engagé une guerre contre la France, parce qu'il ne savait pas trop quoi faire dans son royaume et qu'il devait assoir sa légitimité. Il a donné un caractère religieux à cette guerre, en s'appuyant sur le clergé (ou en étant manipulé par lui, comme on voudra). Pendant la guerre, il fait preuve de brutalité, faisant exécuter les prisonniers français. Cette guerre "opportuniste", conclue par la bataille d'Azincourt, n'a donné qu'une victoire éphémère aux Anglais (14 ans plus tard, Jeanne d'Arc prend Orléans et traîne Charles à Reims, où il est sacré roi des Français)...
C'était assez bon enfant, la salle riait, lorsqu'on entendait des envolées comme: "la guerre contre la France est une distraction pour faire oublier le terrorisme écossais!". Quelques piques contre la France ont bien-sûr volé ( "si les Anglais avaient su garder la France, le Conseil de Sécurité de l'ONU enchainerait aujourd'hui les succès" ou encore "Faut-il vraiment une justification pour envahir la France?"), mais bien moins que ce que je craignais. Ce qui m'a frappé en revanche, c'est que malgré la présence très lourde de conservateurs sur la scène, aucun d'entre eux n'a franchement pris la défense de la guerre en Irak. La comparaison entre Bush et Henri V n'a finalement pas grandi le premier, au contraire. A la fin, l'actrice Judi Dench (qui joue M dans les derniers James Bond), qui assurait le rôle du "juge", a condamné la guerre sans ambiguité.
P.R.

mai 17, 2004 | Permalink | Commentaires (9)

05/12/2004

Kerry perdu sans McCain

"Il y a beaucoup de gens que je nommerais volontiers secrétaire à la Défense, à commencer par notre bon ami John McCain" a déclaré aujourd'hui Kerry, qui utilise aussi l'image de son "bon ami", sénateur républicain de l'Arizona, dans ses spots de campagne.
L'affaire des tortures à Abu Ghraib donne de la force à cette suggestion. Personne ne peut être moins soupçonné de vouloir maltraiter des prisonniers que John McCain, qui a passé plusieurs années dans l'atroce geôle du Vietcong surnommée le "Hanoi Hilton". Ce ne serait d'ailleurs pas la première fois qu'un président démocrate choisirait un Républicain pour ce poste: Clinton avait enrôlé le sénateur Bill Cohen pour diriger le Pentagone. On attend la réaction de McCain. Il a déjà repoussé l'idée de devenir le vice-président de Kerry.
La façon dont Kerry se raccroche à l'image de McCain en dit long sur sa campagne. Malgré son passé de héros du Vietnam, Kerry ne parvient pas, seul, à asseoir son autorité en matière de Défense. Il y a plus de trente ans, il avait eu le courage et la lucidité de dénoncer les atrocités du Vietnam. Pourtant, depuis le début de l'affaire Abu Ghraib, il n'a même pas cherché à se présenter comme une autorité morale. Il est effroyablement mou. Lorsque le scandale a éclaté, les médias ne se demandaient pas: "comment va réagir Kerry?" mais "Comment va réagir McCain?"
P.R.
(Sur la photo: McCain aujourd'hui et mcCain pendant le Vietnam)

mai 12, 2004 | Permalink | Commentaires (12)

05/10/2004

Les pensées de la First Lady

Laura Bush s'est exprimée, sur ABC, sur les photos de tortures. Elle a dit: "c'est vraiment, vraiment triste". "Nous sommes tous au supplice (en VO:"we all agonize") chaque fois qu'une nouvelle photo apparaît", confie-t-elle.
Mais pour Laura Bush, une femme positive, à tout malheur quelque chose est bon: "La vraie bonne nouvelle, sur les Etats-Unis, c'est que les images ont été mises au jour, des gens vont être poursuivis. Pas comme sous Saddam Hussein où il y avait des salles de torture et personne n'était au courant et
cela n'était pas mis au jour".
Les tortionnaires irakiens manquaient vraiment, vraiment, de transparence.
P.R.

mai 10, 2004 | Permalink | Commentaires (26)

05/06/2004

Un communiqué du Département d'Etat...

...peut faire sourire, dans le contexte de ce qui s'est passé à Abu Ghraib. C'est à lire ici . La publication du rapport annuel sur les droits de l'homme dans le monde a été reportée "pour des raisons techniques".
Un bug dans la photocopieuse?
P.R.

(Aussi dans le journal)

mai 6, 2004 | Permalink | Commentaires (4)

05/05/2004

Espionnez vos voisins!

Une lectrice, Lisa, me signale ce site assez croquignolet. Il repose sur les données publiques de financement de la campagne présidentielle. En quelques clics, vous pouvez savoir ce que vos voisins ont donné aux candidats. On peut s'amuser aussi à tester quelques noms précis. Ainsi une certaine Barbara P. Bush et un certain George W.H.Bush, "retraités" domiciliés à Houston, ont chacun donné 2000 dollars à leur rejeton de président (le maximum autorisé par personne). On trouve aussi deux "John Kerry" qui, à Denver et à Los Angeles, ont choisi de donner quelques centaines de dollars à leur homonyme démocrate.
P.R.

mai 5, 2004 | Permalink | Commentaires (9)

05/04/2004

Une question d'étiquette

Certains américains ont trouvé, cousue dans leurs sac à main ou à dos, cette étrange étiquette de lavage, dont vous pouvez voir une version aggrandie ici. L'explication que donne le fabricant, Tom Bihn, basé à Port Angeles dans l'Etat de Washington, est assez abracadabrante. Il n'est sûr de rien, mais il pense qu'il s'agit d'une blague interne, dont la cible n'était pas le locataire de la Maison Blanche, mais le fondateur et président de la boîte (Tom Bihn en personne). Les médias ont rapporté l'anecdote. Loin de se froisser, Mr Binh a immédiatement compris l'intérêt qu'il pouvait tirer de l'affaire, en terme de marketing.Grand bien lui a pris: ses ventes de sacs ont doublé depuis! Aujourd'hui, Tom Bihn décline le facétieux message sur des T-shirts. Mais pour que la morale soit sauve, les profits tirés des ventes du T-Shirt sont versés au "Seattle Vet Center", un centre d'aide social aux anciens combattants. P.R.

mai 4, 2004 | Permalink | Commentaires (8)

Un souvenir

Les histoires de sévices en Irak m’ont rappelé une conversation que j'avais eue, en Caroline du Sud, avec un professeur de sciences politiques -très conservateur- de Furman University. Cela se passait, chez une de ses collègues, lors d'un dîner agréable, il y a deux ans. C'était un type assez provocateur. “Vous les français, vous avez encore du chemin à faire pour devenir une vraie démocratie”, m'avait-il lancé tout de go. Alors que je m'agitais sur ma chaise en protestant, il avait ajouté à l’appui de sa démonstration: “Il n’y a pas si longtemps que ça, la torture était courante dans votre armée”. Je vous passe les quelques échanges aigres-doux qui avaient suivi. On avait changé de sujet assez vite, heureusement.
Je ne suis pas sûr qu’il aimerait reprendre cette conversation aujourd’hui.
P.R.
PS: Le rapport Taguba décrivant les sévices à la prison d'Abou Ghraib peut être lu ici .

mai 4, 2004 | Permalink | Commentaires (16)