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07/30/2004

Kerry a réussi (à mon avis)

Très bon discours de Kerry à la convention démocrate, le meilleur de sa carrière politique, sans aucun doute. Tout le monde a été surpris, moi le premier. Pendant toute la convention, les orateurs avaient été priés de rester polis et "positifs". Les militants ont accepté cette directive, en se contenant pendant quatre jours. Kerry les a alors brutalement soulagés en livrant un discours extrêmement offensif. Il s'en est pris à Bush (sans oublier l'impopulaire Dick Cheney, qu'il a cité nommément) portant le fer sur tous les prétendus "points forts" des Républicains: la guerre, l'intégrité, les valeurs familiales, le respect de la Constitution, la religion... Kerry s'est présenté comme quelqu'un au dessus des partis, mais aussi au dessus de Bush... Attendons de voir l'effet sur les électeurs. Je pronostique +6 points dans les sondages cette semaine. P.R.

PS (30/7): ce matin, les journaux (NYT, WP...) sont assez critiques. Visiblement, Kerry est mieux passé dans le FleetCenter qu'à la télé. Ils lui reprochent de ne pas avoir parlé clairement de l'Irak.

Sur la photo, je suis avec Fabrice Rousselot et, au centre, notre photographe Jérôme de Perlinghi.

juillet 30, 2004 | Permalink | Commentaires (14)

07/28/2004

Boston margarita party

Mon ordinateur portable m'a joué des tours (je l'ai trouvé mort en arrivant à Boston). Je travaille sur celui de Fabrice , ce qui explique que je n'ai pas alimenté ce blog jusque là. Le journal m'a envoyé une nouvelle machine par fedex, mais elle a été coincée pendant un jour à Memphis pour des raisons de paperasses incomplètes: je l'attends aujourd'hui en rongeant mon frein.

La convention est un grand show (à destination des télés) doublé d'une grande fête. Les débats ressemblent plus "à un match de baseball qu'à un match de football", m'a expliqué un délégué de l'Ohio, Craig Bashein: "on regarde de temps en temps, on parle beaucoup". Lorsqu'une star discourt, tout le monde écoute en brandissant des panneaux adaptés ("We love Teresa" "Kennedy", etc.). Mais en général, les gens papotent en regardant la scène du FleetCenter du coin de l'oeil, dans un grand brouhaha.

Sur la photo: Jesse Jackson. On aperçoit le profil de Fabrice derrière moi.

Comme au festival d'Avignon, il y a le "in" mais aussi le "off": des centaines de réceptions, réunions, concerts dans tous les coins. Le soir, tard, il y a des "parties" un peu partout. On boit et on danse beaucoup. Nous étions hier au Cactus Club, en compagnie de supporters de Howard Dean qui adoraient "Gide et le Jazz, comme vous les Français", et qui semblaient aussi apprécier beaucoup les margaritas.

Mon hit parade des meilleurs discours:

1-Bill Clinton ("la force et la sagesse ne sont pas des valeurs opposées")
2-Barack Obama, le state senator d'Illinois, candidat au Sénat, un noir de 43 ans: "Il n'y a pas une Amérique noire et une Amérique blanche et une Amérique latino et une Amérique asiatique... il y a les Etats Unis d'Amérique".
3-Teresa Heinz Kerry: "John est un battant. Il l'a prouvé à l'ancienne: en mettant sa vie en danger pour le pays".
P.R.

Et dans Libé

juillet 28, 2004 | Permalink | Commentaires (10)

07/22/2004

John qui rime

De retour de Paris. L'accueil n'est pas très joyeux. A l'aéroport, je donne mes empreintes digitales puis, dans le taxi qui me ramène chez moi, je dois subir un débat radiophonique déprimant sur "la prochaine attaque terroriste contre les Etats-Unis" (Je regrette déjà presque les incessantes parlottes françaises sur les ambitions de Sarkozy).
Heureusement, en arrivant, un article de Time égaye ma soirée. Il révèle que John Kerry a, dans sa jeunesse, écrit un poème... sur le déclin de la France gaullienne! L'oeuvre a été publiée en mai 1962 dans un magazine estudiantin:

The fifth Republic stands weak and dismayed
By her failure; she lives devoid of love
Except by the men whose debt has been paid ...

Ça se termine ainsi:

Beyond all terror, destiny in hand,
Over rack and ruin, over black peaks
Of rebellion, blood and communist brand,
Rules a man whom no Algerian dares
Blaspheme or murder — except in his prayers.

On imagine le désarroi de ses condisciples: "Johnny, tu viens au bowling?" "- Pas le temps, les copains: je mets la dernière touche à une épigramme bien sentie sur le conflit algérien, dont De Gaulle ne se remettra pas!"

Je pars samedi pour Boston, pour la convention démocrate, où se trouve déjà Fabrice.
Merci à tous ceux qui ont savamment débattu, en mon absence, sur les chances de Kerry dans l'Ohio, en Pennsylvanie et ailleurs. J'ai trouvé cela très intéressant.
P.R.

juillet 22, 2004 | Permalink | Commentaires (16)